La bonellie

 

Voici un ver marin assez particulier qui appartient à la sous classe des échiuriens. Cet animal n’intéresse guère les plongeurs qui ne voient qu'un long filament fourchu de plus d'un mètre (trompe des femelles). C'est pourtant un animal fascinant surtout du à son dimorphisme* sexuel. En effet les mâles sont nettement plus petits et vivent à l'intérieur du corps des femelles.

 

Bonellia viridis

 

La Bonellie (Bonellia viridis) est une espèce qui se rencontre principalement dans la mer Méditerranée mais aussi le long des côtes atlantiques de l'Europe.

Elle vit sur le fond marin entre 10 et 100 mètres de profondeur. Sur les fonds durs elle se cache dans les trous ou les fissures des rochers. Sur les fonds meubles elle peut se dissimuler sous une pierre, utiliser d'anciens terriers ou creuser une cachette dans le gravier.

 

Bonellia viridis

 

La Bonellie femelle est détritivore. Elle se nourrit principalement des matières organiques présentes dans les sédiments. La trompe possède, sur la face dorsale, une gouttière cillé contenant un mucus. Elle sert à amener les particules nutritive de diverses origines vers la bouche. Celle-ci est située sur le corps de l'animal.

Le corps de la femelle est en forme de poire. De couleur vert foncé, il mesure une dizaine de centimètres. Il se prolonge par une longue trompe fourchue et rétractile. En pleine extension, cette trompe peut atteindre 2 m. La couleur verte provient d'un pigment appelé bonellin*. C'est en fait une substance chimique très toxique.

 

Bonellia viridis

 

Le mâle ne dépasse guère les 3 mm de long. Il a la forme d'un ver plat cilié et n'a pas de trompe. Il vit en symbiose dans le corps de la femelle dont il est complètement dépendant. Il est dépourvu de bouche et d'anus et a un système digestif rudimentaire. A l'intérieur de la femelle, dans son système digestif, il serait en mesure d'obtenir de la nourriture (et donc de survivre). En effet la femelle produiraient des substances ayant une valeur nutritive pour lui. Les mâles sont si minuscules qu'ils peuvent être une centaine à vivre sur ou à l’intérieur de la femelle.

 

Bonellia viridis

 

La méthode de reproduction de la bonellie est très inhabituelle. Lorsqu’ils deviennent matures, les mâles migrent du système digestif vers une cavité génitale où il ne servent plus qu'à féconder les œufs. Cette fécondation est interne. Les œufs sont ensuite expulsés dans l'eau et deviennent des larves. Ces larves sont très particulière: Premièrement elles ne se nourrissent pas car elles possèdent une grande réserve de vitellus* qui leur sert de nourriture. Ensuite elles sont initialement indifférenciées sur le plan sexuel.

Les larves qui tombent sur le fond marin deviennent, au fil du temps, des femelles adultes. Cependant, la plupart d'entre elles entrent en contact avec la peau d'une femelle adulte (principalement sa trompe). La substance chimique (bonellin) contenu dans sa peau a pour effet de réduire la taille des larves et les métamorphoser en mâles. Ces mâles migreront ensuite vers la bouche de la femelle puis dans le système digestif et ainsi de suite ...

 

Bonellia viridis

 

Amis plongeurs, j'espère que maintenant vous regarderez ces longs filaments de façon différente.

 

* Glossaire:
Dimorphisme: Deux formes (dis = deux, morphe = forme)
Vitellus: Réserve énergétique utilisée par les embryons pour se nourrir (Exemple le plus connu: le jaune d’œuf)
Bonellin: Pigment qui donne la couleur verte aux bonellies et semble avoir des propriétés défensives (biocide) et antibiotiques.

 

 

Le mois prochain nous continuerons la présentation des vers avec des exemples de polychètes errants et en particulier des vers à écailles