Ce mois-ci nous allons nous arrêter un instant sur un animal très curieux, très malin et aussi joueur: Le poulpe commun
Le poulpe commun (Octopus vulgaris) se rencontre depuis la surface jusqu'à plus de 100 m de profondeur dans toute la Méditerranée. Il est aussi présent en Atlantique jusqu'en Manche (où il est communément appelé pieuvre).
Il vit sur les fonds rocheux ou sableux. Il possède un repaire dans laquelle il va se cacher. Ce repaire est protégé par des pierres et parfois quelques coquilles vides (Restes de repas). Même s'il est bien caché, l'accumulation de ces coquilles nous permettent, à nous plongeur, de facilement repérer sa tanière.
Le nom scientifique se traduit par 'animal commun à huit pieds' : Okto= huit, pous= Pieds, vulgaris= commun. En fait chez les céphalopodes les pieds se sont transformés en bras (communément appelés tentacules). Le poulpe commun en possède 8 munis de 2 rangées de ventouses.
C'est un animal très curieux. Il n'est pas rare de le voir bien dressé sur ses bras en train de nous observer. Il possède d'ailleurs des yeux assez perfectionnés qui sont proches de ceux des vertébrés.
Le poulpe commun se nourrit d'à peu près de tout: bivalves, poissons et crustacés dont il est particulièrement friand. Il peut aussi manger des cadavres d'animaux en décomposition. Sa bouche est au centre de la couronne de tentacules. Elle est doté de deux mâchoires en forme de "bec de perroquet" et d'une radula. Cette dernière lui permet de percer la carapace de gros crustacés.
Il attrape tout ce qui passe à sa portée mais peut aussi partir en chasse en retournant les pierres, fouillant les crevasses ou bien tout simplement en se mettant à l’affût.
Le poulpe est un expert dans l'art du camouflage. Il peut modifier sa coloration et prendre la couleur de son environnement, mais aussi hérisser sa peau de nombreuses rugosités. Il pourra ainsi approcher les proies convoitées sans se faire voir. Mais cela lui sert aussi de défense afin de se cacher d'un éventuel prédateur.
Les céphalopodes possèdent une grande cavité nommée cavité palléale. Le poulpe respire en faisant circuler l'eau dans cette cavité car cette dernière contient les branchies. Elle contient aussi les orifices excréteurs, un orifice génital et un siphon. L'expulsion de l'eau, par une contraction puissante, à travers ce siphon permet au poulpe une nage par propulsion. Cette nage peut être très rapide.
La période de reproduction a lieu de Mars à Novembre. Chez les mâles le troisième bras, légèrement modifié, sert d'organe copulateur. Il introduit son bras dans la cavité palléale pour y déposer ses spermatozoïdes qui féconderons les ovules. Quelques temps plus tard la femelle pond de 100 000 à 500 000 œufs. Ils sont agglomérés en forme de tresses et accrochés en grappes dans son repaire. Elle va garder et ventiler les œufs pendant plusieurs mois (1 à 4 selon la température de l'eau). Ne se nourrissant pas elle mourra après l'éclosion.
Joueur ou curieux le poulpe peut venir vous voir. Il peut alors lui arriver d'enrouler une tentacule sur votre doigt pour l'attirer à lui. Il grimpera peut-être de lui même sur votre main ou votre bras. Sur une plage, Il peut aussi monter sur les pieds des promeneurs.
Mais hélas c'est plus principalement les petits poulpes qui agissent ainsi car ils n'ont pas encore été embêtés par des plongeurs et n'en n'ont pas encore peur. En effet ces derniers ont tendance à traumatiser les poulpes en les sortant de leur cachette et en leur faisant cracher de l'encre. En effet en cas de danger le poulpe diverse dans sa cavité palléale un liquide noir qu'il expulse par son siphon. Cela forme un nuage d'encre qui va le dissimuler durant sa fuite.
En général, un poulpe, se sentant menacé, se retourne de manière à mettre ses tentacules en face de son prédateur. Mais, dans les herbiers, il a une autre attitude qui est beaucoup plus rare à observer. Quand le poulpe ne trouve aucun abris pour se réfugier, il essaye de nous impressionner en essayant de se faire le plus gros possible. Il étale, pour cela, au maximum ses tentacules.
Le poulpe peut changer de couleur pour se cacher. Mais la couleur peut aussi traduire son état mental. La photo ci-dessus montre un poulpe tout pâle, couleur qu'il prendrait à priori lorsqu'il a peur.